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Deux ans de silence : ce qui se passe entre le premier impayé et l'appel à l'aide

En 2025, 50 % des personnes qui ont déposé un dossier de surendettement vivaient avec leurs difficultés depuis plus de 2 ans.

Publié le 23 septembre 20264 min de lectureSources vérifiées le 22 septembre 2026

Mode d'emploi. Les mots soulignés en pointillé ont une définition : survolez-les avec la souris, ou touchez-les sur mobile. Vous les retrouvez aussi dans Les mots de l'impayé.

Un courrier attend quelque part, pas encore ouvert. Ou les comptes sont refaits pour la 3e fois ce mois-ci, en espérant que le résultat change. C'est souvent ainsi que commencent les 2 ans dont parle cet article.

L'essentiel

  • Un impayé suit une chaîne d'étapes prévues par la loi, qui avance même quand personne ne fait rien.
  • Avant de demander de l'aide, 95 % des personnes avaient déjà réduit leurs dépenses.
  • À chaque étape, une action reste possible, et la plupart sont gratuites.

Un impayé n'est pas un événement, c'est une chaîne

Elle suit des étapes prévues par la loi, dans cet ordre, et elle avance même quand personne ne fait rien.

Le paiement ne passe pas · La banque n’a pas payé, faute de provision sur le compte. La facture reste due, et des frais s’ajoutent.

Deux choses à retenir. La saisie n'arrive qu'à la fin, et jamais sans décision de justice. Et la marge d'action est maximale au début, quand presque rien ne s'est encore produit.

Pourquoi 2 ans

Pas par négligence. La Banque de France a interrogé les personnes qui ont déposé un dossier en 2025. Avant de demander de l'aide, 95 % avaient déjà réduit leurs dépenses, 85 % suivaient leur budget au jour le jour, 75 % avaient tenté un arrangement avec leurs créanciers.

Ce qui retient, c'est la peur de la solution qui sera décidée à sa place : 85 % citent cette raison. Et beaucoup ignorent que des solutions existent. 52 % ont découvert la procédure de surendettement par un proche, un collègue ou un voisin, pas par un organisme.

Les causes ne changent rien aux conséquences

Une séparation, un emploi perdu, une maladie, une naissance, un loyer qui augmente. Parfois aussi un choix que l'on regrette.

Ce site ne trie pas les causes. Les effets sont les mêmes. Les sommes ne reviennent pas sur le compte, et il faut souvent plusieurs mois pour rattraper.

Ça commence rarement par le crédit

On imagine que le surendettement, c'est trop de crédits. Le premier poste d'impayé est l'énergie : 49,4 % des ménages en difficulté accompagnés par le Secours Catholique ont une facture d'énergie en retard. Dans les dossiers de surendettement, les dettes de la vie courante (énergie, loyer, téléphone, cantine) sont présentes dans 3 dossiers sur 4.

Le crédit, lui, est souvent l'un des derniers paiements que l'on arrête. Les premiers signaux se voient donc là où on les cherche le moins.

Une protection existe, et elle est peu utilisée

La loi oblige les banques à repérer les clients en situation de fragilité financière et à leur proposer une offre à frais réduits. Fin 2025, 4,8 millions de personnes étaient identifiées comme fragiles, et 1,2 million bénéficiaient de cette offre.

L'écart se lit sur le relevé. Selon l'Observatoire de l'inclusion bancaire, un client fragile paie en moyenne 106 € de frais d'incidents par an sans cette offre, contre 37 € avec.

Les mêmes 6 étapes, et ce qu'il est possible de faire à chacune

La plupart de ces démarches sont gratuites, et beaucoup sont méconnues. Aucune n'est automatique : il faut savoir qu'elles existent, et à quel moment les engager.

Pour aller plus loin

Comment une banque repère-t-elle la fragilité financière ?

Les critères sont fixés par la réglementation (code monétaire et financier, article R. 312-4-3). L'un d'eux est l'accumulation d'incidents, avec un seuil de 5 incidents au cours d'un même mois. Chaque banque ajoute ses propres indicateurs.

Faut-il attendre que l'offre soit proposée ?

Non. Vous n'êtes pas obligé d'attendre qu'elle vous soit proposée : elle peut être demandée, par écrit, à votre agence.

Sources

  1. Banque de France, Typologie du surendettement des ménages 2025 et enquête auprès des déposants 2025 (communiqué du 17 février 2026)Vérifié le 22 septembre 2026
  2. Banque de France, L’essentiel du surendettement en 2025Vérifié le 23 septembre 2026
  3. Observatoire de l’inclusion bancaire, rapport annuel 2025 (communiqué du 25 juin 2026)Vérifié le 22 septembre 2026
  4. Secours Catholique, état de la pauvreté en FranceVérifié le 22 septembre 2026
  5. Code monétaire et financier, article R. 312-4-3 (repérage de la fragilité financière)Vérifié le 22 septembre 2026
  6. Code civil, article 1343-5 (délais de grâce)Vérifié le 22 septembre 2026

Cet article publie de l'information générale. Il ne remplace pas l'avis d'un professionnel sur une situation particulière.

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